APPEL A CANDIDATURES

Françoise NYSSEN, ministre de la Culture, a lancé le prix Ilan HALIMI dédié à la lutte contre les préjugés le 1er octobre 2018. Mesure du plan national de lutte contre le racisme et l’antisémitisme 2018-2020 présenté le 19 mars 2018 par le Premier ministre, Edouard PHILIPPE.

Ce prix national récompense les initiatives réalisées par des collectifs de jeunes de moins de 25 ans qui, par leur créativité et leur inventivité, contribuent à faire reculer les préjugés et les stéréotypes racistes et antisémites.

Les projets retenus pourront avoir été réalisés dans un cadre scolaire ou non, et relever des domaines culturel, artistique, sportif ou numérique. Pour cette première édition, les actions présentées devront avoir eu lieu en 2017 ou en 2018. Outre le prix Ilan HALIMI, quatre autres distinctions seront décernées.

Le prix Ilan HALIMI sera remis le lundi 13 février 2019 par le Premier ministre, M. Edouard PHILIPPE.

Il est soutenu par le Premier ministre, la ministère de l’Education nationale, le ministère de la Culture, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH) et la MGEN.

Modalités de candidature et déroulement de la sélection :

Les dossiers de candidature sont à déposer avant le 22 novembre 2018.

Un jury composé de personnalités du monde du sport, de la culture, de l’éducation, de la citoyenneté et de l’engagement procédera aux qualifications.

Les finalistes seront avisés la semaine du 7 janvier 2019 et seront conviés à la finale à Paris le 13 février, jour anniversaire de la mort d’Ilan Halimi, pour une présentation orale de leur action devant le jury et les autres candidats.

Lors de cette présentation, ils devront expliquer leur démarche, la genèse de leur action, la pertinence de celle-ci et les effets qu’elle a pu produire.

Les modalités d’évaluation portent sur la qualité de la présentation orale, le contenu et la pertinence de l’action réalisée.

EDITO de Emilie Frèche, Présidente du jury

Il pensait que les juifs dominaient le monde. Il pensait que les juifs volaient l’argent de l’Etat, qu’ils étaient tous riches, et que s’ils ne l’étaient pas, leur communauté, solidaire, paierait la rançon. Après avoir identifié des commerces juifs, boulevard Voltaire à Paris, il a donc envoyé un appât pour récolter des numéros de téléphone. Ilan Halimi a donné le sien. La fille l’a rappelé deux jours plus tard pour lui proposer de boire un verre. Des types lui ont alors sauté dessus; ils l’ont enlevé, séquestré, torturé pendant 24 jours, puis finalement laissé pour mort le long d’une voie de chemine de fer.

“Les juifs sont riches” est un préjugé vieux comme le monde. Et un préjugé qui tue. Né de l’antijudaïsme religieux qui les obligeait à exercer des métiers liés à l’argent puisque la terre leur était refusée, il justifiera les pogroms dès le Moyen-âge, puis s’adaptera à l’ère du capitalisme en accusant cette communauté de tenir les rênes de la finance Internationale, et six millions d’entre eux finiront dans les chambres à gaz – du préjugé au complot, il n’y a qu’un pas.

On espérait que le génocide des juifs aurait débarrassé le monde de l’antisémitisme, fondé en partie sur ce cliché ancestral. C’était une erreur d’appréciation, et la mort d’Ilan Halimi, en France en 2006, nous l’a tragiquement prouvé. Créer aujourd’hui un prix national qui porte son nom, c’est prendre la mesure de cette méprise. C’est comprendre que ce préjugé est tenace et qu’à chaque génération, il faut lutter contre. Alors luttons contre.