Plan national d‘actions pour l’égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ 2020-2023

LES EDITOS

 

Égalité des droits, égalité réelle

Élisabeth MORENO

par Élisabeth MORENO, Ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances

 

Mise en œuvre et bilan des plans d’actions gouvernementaux

Par Frédéric Potier, préfet, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme, et la haine anti-LGBT (DILCRAH)

Une stratégie publique pour l’égalité des droits, contre la haine et les discriminations

Smaïn LAACHERPar Smaïn Laacher, professeur de sociologie, président du Conseil scientifique de la DILCRAH

 

Statistiques et mesures de la haine anti-LGBT

→ 1 870 victimes d’actes homophobes ou transphobes comptabilisées par le ministère de l’Intérieur en 2019
→ 1 899 actes LGBTphobes signalés à SOS homophobie en 2019, dont 237 cas d’agressions physiques
→ 55 % des personnes LGBT+ ont subi des actes antiLGBT+ au cours de leur vie, 12 % dans les douze derniers mois (enquête IFOP pour la Fondation Jasmin Roy, en partenariat avec la Fondation Jean Jaurès et la DILCRAH, 2019)
→ 14 % des personnes LGBT+ ont subi une agression physique et/ou sexuelle ces cinq dernières années en raison de leur orientation sexuelle et/ou identité de genre (FRA, 2020). Ce chiffre s’élève à 22 % pour les personnes trans et s intersexes.
→ 20 % des personnes victimes d’actes LGBTphobes portent plainte (enquête IFOP pour la Fondation Jasmin Roy, en partenariat avec la Fondation Jean Jaurès et la DILCRAH, 2019)
→ Les personnes homosexuelles et bisexuelles ont un risque de suicide en moyenne 4 fois plus que l’ensemble de la population, et les personnes trans 7 fois plus que le reste de la population (INPES, 2014)
→ 85 % des Français considèrent l’homosexualité comme une manière de vivre sa sexualité comme une autre, contre 24 % en 1975 (enquête IFOP pour la Fondation Jasmin Roy, 2019)
→ 39 % des Français pensent que le genre (homme ou femme) d’une personne est déterminé biologiquement à la naissance et que les personnes qui veulent en changer ont un problème psychologique (enquête IFOP pour la Fondation Jasmin Roy, 2019)
→ 83 % des Français estiment qu’un couple homosexuel est capable d’assurer son rôle de parent aussi bien qu’un couple hétérosexuel (enquête IFOP pour la Fondation Jasmin Roy, 2019)
→ Une personne LGBT+ sur quatre a été victime d’au moins une agression LGBTphobe dans son organisation de travail (Baromètre LGBT+ Autre Cercle-IFOP 2020)

La France, 3ème pays de l’OCDE en termes d’inclusion des personnes LGBT+

En 2019, la France est classée 3ème pays de l’OCDE en termes d’inclusion des personnes LGBT+ dans ses lois. Avec une moyenne de 74 % environ, elle est placée juste derrière le Canada et le Portugal.

Qu’est-ce que la haine anti-LGBT ?

La haine anti-LGBT+ désigne toute manifestation de mépris, de rejet ou de haine envers une personne ou un groupe de personnes en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre, réelle ou supposée. Elle peut prendre de multiples formes : de la moquerie aux violences physiques ou sexuelles, en passant par les insultes, la diffamation, les menaces, l’outing, l’appel à la discrimination, à la haine ou à la violence, le harcèlement, les discriminations, voire le meurtre.

→ L’orientation sexuelle correspond à l’attirance affective et/ou sexuelle pour les personnes de même sexe (homosexualité), de sexe opposé (hétérosexualité) ou indifféremment pour l’un ou l’autre sexe (bisexualité).

→ L’identité de genre se réfère au genre auquel une personne se sent appartenir. Celui-ci peut être en adéquation avec le sexe assigné à la naissance ou ne pas l’être (personnes trans). Une personne trans peut, si elle le souhaite, entamer un parcours de transition médical et/ou d’état civil pour se mettre en accord avec son identité de genre.

→ Les personnes intersexes naissent avec des caractères sexuels (génitaux, gonadiques ou chromosomiques) à la fois masculins et féminins et peuvent être victimes de transphobie et d’homophobie.

La haine anti-LGBT+ ou LGBTphobies (lesbophobie, gayphobie, biphobie et transphobie), recouvre des réalités différentes selon les groupes visés. La gayphobie est une forme d’homophobie qui touche spécifiquement les hommes. Bien qu’elle vise principalement les hommes gays et bisexuels, elle peut aussi toucher les hommes hétérosexuels perçus comme homosexuels. Les gays peuvent être notamment la cible d’agressions physiques et dévalorisés par des stéréotypes liés à une féminisation et à une hypersexualisation.

La lesbophobie est une autre forme d’homophobie qui vise les femmes et se conjugue au sexisme. Ces femmes peuvent être lesbiennes, bisexuelles ou hétérosexuelles perçues comme homosexuelles. Elle se manifeste particulièrement par l’invisibilité et la négation de la sexualité des lesbiennes : la moitié des lesbiennes ne parlent pas ou peu de leur orientation sexuelle à leur famille et renoncent à se tenir la main ou à s’embrasser en public (SOS homophobie, 2015). D’après une étude de l’Agence européenne pour les droits fondamentaux (FRA) présentée en mai 2020, 70 % des lesbiennes évitent de se tenir la main dans l’espace public par peur des agressions.

La biphobie est un sentiment de rejet, de mépris ou de haine envers les personnes ou comportement associés à la bisexualité. Elle présente des spécificités comme le déni de leur existence. Les personnes bisexuelles qui ont des partenaires de même sexe sont souvent perçues comme homosexuelles et subissent aussi la gayphobie et la lesbophobie.

Enfin, la transphobie désigne le rejet, le mépris ou la haine des personnes ou comportements associés aux transidentités, c’est-à-dire associés à un genre perçu comme non conforme. Elle se distingue par la prévalence des agressions physiques et des discriminations. Le taux de suicide est 7 fois plus élevé chez les personnes trans que chez l’ensemble de la population française. Les manifestations de transphobie peuvent être accentuées par les parcours médicaux et institutionnels parfois complexes auxquels les personnes trans sont confrontées.

LE PLAN