Plan national de lutte contre le racisme et l’antisémitisme 2018 – 2020

Investir des nouveaux champs de mobilisation

Renforcer les réseaux territoriaux et améliorer le dialogue avec la société civile

  • Développer le maillage territorial par la réalisation d’au moins 50 plans territoriaux de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations avec les collectivités territoriales sur 3 ans. Créer un collège associatif permettant un dialogue régulier et structuré entre la DILCRAH, les administrations compétentes et les associations.
  • Créer un réseau des villes et territoires engagés dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Ce réseau sera piloté par un collège d’élus locaux que réunira régulièrement le DILCRAH.
  • Sécuriser  les  financements  des  associations  engagées  dans  la  lutte  contre  le  racisme  et l’antisémitisme par la signature de conventions d’objectifs triennales, portant notamment sur la formation.
  • Encourager des actions communes entre les associations et le monde du travail (patronat, syndicats) pour lutter contre les discriminations raciales à l’embauche et dans les promotions professionnelles.
  • Mettre  en  place  une  conférence  des  financeurs  (CGET,  CIPDR,  DILCRAH)  pour  renforcer  la cohérence et la lisibilité des financements publics, en particulier des lieux de mémoire et d’histoire.

Favoriser l’orientation des victimes et l’accès aux droits par une meilleure coordination des pouvoirs publics

  • Créer un portail d’information et d’aide aux victimes de haine ou de discrimination raciste et antisémite (accès au droit, outils et ressources développées par les institutions compétentes —  Intérieur,  Justice,  Éducation  nationale,  Défenseur  des  droits,  CNCDH,  Dilcrah  —  offre  de formation, recensement et cartographie des partenaires associatifs).
  • Développer des actions ciblées par une concertation des pouvoirs publics et des associations pour agir contre certains phénomènes locaux de délinquance suscités par des préjugés (ex. les atteintes aux biens envers les personnes d’origine asiatique, les actes antimusulmans, les agressions et actes illégaux contre les Roms).

Agir pour l’égalité des ultramarins

  • Sanctuariser une enveloppe dédiée gérée par la DILCRAH et la Délégation interministérielle pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer (DIECFOM) dotée de 100 000€ pour soutenir des projets visant à lutter contre les préjugés et les discriminations raciales dont peuvent être victimes les Français des outre-mer.
  • En lien avec le Groupement d’Intérêt Public « Mémoire de l’esclavage », donner une nouvelle dimension  à  la  mémoire  de  l’esclavage  en  soutenant  la  connaissance  historique  de l’esclavage, des traites et de leur abolition. Sur cette base, créer avec les Rectorats outre-mer des programmes d’échanges croisés de jeunes entre les outre-mer, l’hexagone et les pays africains.
  • Mobiliser les associations, les réseaux professionnels et le Défenseur des droits pour lutter plus efficacement contre les préjugés, les discriminations dans l’accès au logement et à la domiciliation bancaire des ultramarins.

Impliquer le mouvement sportif à tous les niveaux

  • Diffuser la campagne de communication lancée le 15 mars 2018 contre les discriminations dans le sport auprès des acteurs sportifs, de l’éducation populaire et du grand public.
  • Former et sensibiliser les acteurs du sport, à partir de la rentrée sportive 2018-2019, sur la problématique du racisme et de l’antisémitisme dans le cadre de la formation « éducative et citoyenne » au bénéfice des sportifs de haut niveau et des sportifs des centres de formation professionnels (CREPS, INSEP). Organiser des sessions de sensibilisation auprès des cadres d’État sportifs affectés dans les services déconcentrés chargés des sports.
  • Nouer un partenariat avec l’Union Nationale du Sport Scolaire (UNSS) pour développer les actions de lutte contre le racisme et l’antisémitisme dans le cadre du sport scolaire.
  • Encourager les acteurs du mouvement sportif à s’engager pour relayer la campagne dans leur réseau et à inscrire dans leur projet fédéral cet axe de développement. Les travaux de l’instance nationale du supportérisme seront orientés sur la thématique de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme pour impliquer les associations de supporters. Le fonds d’aide à la production audiovisuelle des évènements sportifs sera ouvert au champ de la lutte contre les discriminations. Enfin, l’État participera à la promotion de la diffusion des outils « citoyens » créés par les fédérations sportives (exemple outil de la FFF), soutenir les projets des clubs (CNDS-Part territoriale).
  • Améliorer la connaissance des acteurs du sport pour les aider à mieux répondre face aux actes racistes et antisémites. Mettre à jour le guide juridique sur la prévention et la lutte contre les incivilités, les violences et les discriminations dans le sport dont la dernière édition date de février 2015. Étoffer l’enquête auprès des communes et des Offices municipaux du sport sur les dérives dans le sport amateur pour renforcer la prévention et l’information dans les clubs.

Mobiliser la culture contre le racisme et l’antisémitisme

  • Utiliser la dynamique du double label diversité/égalité obtenu par le Ministère de la Culture pour questionner l’ensemble des pratiques du secteur culturel en matière de déconstruction des préjugés.
  • Rendre accessibles 450 structures patrimoniales identifiées comme lieux ressources de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme grâce au Passe-Culture.
  • Dans le cadre de la décennie internationale pour les personnes d’ascendance africaine (2015-2024), lutter  contre  les  pratiques  dévalorisantes  et  promouvoir  les  œuvres  des  grands  écrivains d’ascendance africaine. Mobiliser à cet effet les grands établissements publics (BNF) et le réseau des bibliothèques publiques.
  • Dans la perspective des actions culturelles organisées à l’initiative de l’État pendant l’Olympiade culturelle (2020-2024) et le Festival olympique accompagnant les JO proprement dits, du 21 juin au 6 octobre 2024, faire de la question du racisme dans l’histoire du sport un axe des projets artistiques et culturels proposés.
  • Développer l’accès des réfugiés primo-arrivants aux arts et à la culture et proposer des actions susceptibles de contribuer à l’évolution des regards sur les réfugiés en s’appuyant sur le rapport confié à M. Benjamin STORA.

Renforcer la visibilité de la diversité dans la communication et les médias

  • Poursuivre les actions menées dans le cadre de la Semaine d’éducation et d’actions contre le racisme et l’antisémitisme en partenariat avec l’audiovisuel public.
  • Concourir au développement des modules dédiés à la lutte contre les stéréotypes racistes et antisémites dans les écoles de journalisme.
  • Renforcer le dispositif « image de la diversité » porté par le Commissariat général à l’égalité des territoires  et  le  Centre  national  du  Cinéma  visant  à  soutenir  la  création  cinématographique  et audiovisuelle promouvant la diversité.

Renforcer la coopération internationale et européenne et les échanges de bonnes pratiques

  • À l’occasion du 70e  anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, diffuser la connaissance de ce texte fondamental dans les établissements scolaires et universitaires.
  • Initier  l’organisation  de  réunions  trilatérales  avec  le  futur  délégué  fédéral  à  l’antisémitisme  en Allemagne et le directeur du programme intergouvernemental britannique de lutte contre les crimes de haine.
  • Soutenir des actions associatives à l’échelle nationale et européenne en matière de lutte contre les stéréotypes dont souffrent les populations Roms et Tsiganes.