Plan national de lutte contre le racisme et l’antisémitisme 2018 – 2020

ÉDUQUER CONTRE LES PRÉJUGÉS

Améliorer la réponse de l’institution scolaire et l’accompagnement des équipes éducatives confrontées à des difficultés

  • Création d’une équipe nationale de réaction pilotée par le ministère de l’Éducation nationale et la DILCRAH. Cette équipe qui pourra être directement saisie par les acteurs locaux et les recteurs proposera en temps des réel des réponses adaptées et modulables (interventions dans les établissements, soutiens aux équipes pédagogiques, mobilisation de partenariats associatifs ou mémoriels, etc.). Elle apportera un soutien opérationnel à ses déclinaisons académiques : les référents « mémoire-citoyenneté » agiront en articulation étroite avec les équipes académiques « laïcité et fait religieux ». Placés sous l’autorité du recteur, ils conduiront deux missions : prévenir et lutter contre les atteintes racistes et antisémites.
  • Déployer les enquêtes locales de climat scolaire comme outil de pilotage de la prévention du racisme et de l’antisémitisme dans les écoles et établissements ; améliorer le signalement des faits à caractère raciste et antisémite dans les outils dédiés à la remontée de faits de violences graves ; renforcer le rôle des référents « mémoire et citoyenneté », en lien avec les équipes académiques « laïcité et fait religieux ».
  • Renforcer la formation de l’ensemble des personnels à la prévention et la gestion des faits et propos à caractère raciste et antisémite dans les établissements. À cet effet : systématiser des formations visant à outiller les enseignants confrontés à des contestations d’enseignement ou abordant des questions dites « controversées » ; renforcer la prise en compte, dans la politique d’amélioration du climat scolaire, des fondements discriminatoires des violences et du harcèlement ; sensibiliser les assistants d’éducation, lors de leur recrutement, au rôle qu’ils jouent dans la prévention du racisme et de l’antisémitisme.
  • Prendre en compte la dimension « racisme et antisémitisme dans le plan de lutte et de prévention contre les violences et les discriminations » dans l’enseignement agricole, mis en œuvre depuis la rentrée scolaire 2017.

Développer les ressources consacrées à l’éducation contre le racisme et l’antisémitisme

  • Poursuivre les efforts de formation et d’accompagnement pédagogique en matière d’éducation contre le racisme et l’antisémitisme notamment par l’enrichissement du site « Éduquer contre le racisme et l’antisémitisme ». Il s’agit d’intégrer de nouvelles ressources sur la construction des stéréotypes, les manifestations du racisme ordinaire et l’articulation entre la lutte contre le racisme et l’antisémitisme et l’éducation aux médias et à l’information.
  • Poursuivre le développement du concours « La Flamme de l’égalité » sur la mémoire de l’esclavage et des traites, ainsi que celui de la « Semaine d’éducation et d’actions contre le racisme et l’antisémitisme ».

Faire de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme et du refus de la concurrence des mémoires un axe prioritaire des politiques mémorielles

  • Créer un prix national Ilan HALIMI récompensant des actions menées en faveur de la jeunesse dans le domaine de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, qui sera remis chaque 13 février.
  • Renforcer les partenariats existants sur la mémoire de la Shoah et les conflits contemporains tout en élargissant les outils mémoriels dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Renforcer les partenariats avec les lieux de mémoires et d’histoire et les acteurs associatifs mémoriels dans les champs de l’esclavage, la colonisation, l’immigration et les mémoires « oubliées ». Construire en particulier des partenariats renforcés avec les institutions mémorielles ou culturelles dans tous les territoires (MUCEM à Marseille, Mémorial ACTE à Point-à-Pitre, Centre Tjibaou à Nouméa, ouverture du Musée Dreyfus à Médan…).
  • Sanctuariser un budget d’intervention à hauteur de 1,4 million d’euros pour soutenir les projets des lieux de mémoire et d’histoire en matière de lutte contre le racisme et l’antisémitisme et animer un programme de travail commun. Faire de la circulation des œuvres ou des expositions un des critères prioritaires des soutiens financiers de l’État.
  • Encourager la construction de partenariats entre des établissements scolaires et des lieux d’histoire et de mémoire.

Renforcer la prévention des phénomènes racistes et antisémites dans l’enseignement supérieur

  • Renforcer  le  réseau  des  référents  racisme-antisémitisme  dans  les  établissements d’enseignement supérieur. La mise à disposition de ressources, l’organisation de formations et de rencontres nationales, le recueil des bonnes pratiques et le partenariat avec des associations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme doit permettre aux référents de devenir des personnes ressources au sein de leur établissement, y compris pour réagir en cas d’incidents à caractère raciste ou antisémite.

Mobiliser l’enseignement supérieur et la recherche pour améliorer la connaissance et contrer les phénomènes racistes et antisémites

  • Créer deux bourses de thèse pour financer des travaux sur le racisme et l’antisémitisme.
  • Encourager le développement d’une plateforme dédiée aux travaux de recherche sur le racisme et l’antisémitisme, sous la coordination d’un organisme de recherche et d’enseignement supérieur.
  • Développer et diffuser les ressources numériques (MOOC) consacrées à l’éducation contre le racisme et l’antisémitisme.